Biographie de Georges Eugène HAUSSMANN
Georges Eugène Haussmann, couramment appelé baron Haussmann (même si ce titre est contestable), naît à Paris en 1809.
Il étudie au collège Henry IV, puis au lycée Condorcet, avant de suivre des cours de droit et d’entrer au Conservatoire de musique.
A partir de 1831, il est nommé sous-préfet de différents départements (successivement le Lot et Garonne, l’Ariège, la Gironde, le Var et l’Yonne) puis préfet de la Seine en 1853.
C’est à ce titre que Napoléon III lui confie la direction d’un vaste chantier : le réaménagement de Paris.
En effet, l’Empereur souhaite améliorer les conditions de vie dans la capitale en favorisant une meilleure circulation de l’air et des hommes. Il désire également, sans l’avouer publiquement, maîtriser d'éventuels soulèvements populaires, en souvenir de ceux de 1830 et 1848.
Fort de ces motifs, Napoléon lance une grande campagne intitulée : « Paris embellie, Paris agrandie, Paris assainie ». Pour la réalisation du chantier, il encourage Haussmann à s’inspirer du modèle londonien, véritable chef d’œuvre d’urbanisme à l’époque.
Haussmann entreprend donc d’importantes modifications de l’espace urbain, privilégiant systématiquement la ligne droite (c’est le « culte de l'axe »), quitte à dénaturer des quartiers entiers pour remanier les tracés existants. C’est le cas par exemple du jardin du Luxembourg dont une partie est ainsi amputée.
Il décide de revaloriser certains monuments en améliorant leur visibilité. Pour ce faire, il crée des grandes avenues et perce de vastes places, à l’image de celle de l’Etoile d’où part l’avenue des Champs-Elysées ; par ailleurs, il uniformise les immeubles en imposant une hauteur standard. C’est l’esthétique du rationnel.
Pour le second volet du chantier (« Paris agrandie »), Haussmann annexe des communes limitrophes : La Chapelle, Montmartre, Auteuil et Passy. Il désengorge la ville grâce à la construction de gares (celle de l’Est et celle de Lyon).
Enfin, pour le troisième et ultime objectif du chantier (« Paris assainie »), Haussmann crée de nombreux squares et parcs afin d’oxygéner la ville (on sort juste de l’épidémie de choléra). Le parc Montsouris et celui des Buttes-Chaumont voient le jour ; les bois de Vincennes et de Boulogne sont redessinés.
Les égouts sont également modernisés.
Au total, on estime à 60% la surface de Paris modifiée par ses travaux. Convaincues par l’intérêt de ce nouveau paysage urbain, de nombreuses mégalopoles françaises s’alignent sur le modèle haussmannien : Rouen, Toulouse, Avignon, Bordeaux, Marseille, Montpellier, mais aussi Alger alors colonie française se réorganisent.
En 1847, Haussmann est nommé Chevalier de la Légion d’honneur ; En 1857, il accède à la fonction de sénateur, puis devient membre de l’Académie des Beaux-Arts.
Néanmoins, l’œuvre du baron ne remporte pas l’unanimité. On lui reproche d’une part des manœuvres financières douteuses, d’autre part la démolition trop massive d’immeubles anciens.
La tension politique ambiante lui étant de surcroît défavorable, Haussmann est finalement destitué de ses fonctions.
Pourtant, jamais vaincu, il revient un peu plus tard à la vie politique en Corse, où il est élu député. D’ailleurs, fidèle à ses convictions, il restera bonapartiste jusqu’au bout, et ce malgré le retour de la République.
Haussmann consacre la fin de sa vie à la rédaction de ses Mémoires, document capital pour l’histoire de l’urbanisme de Paris. Il meurt en 1891 et est enterré au cimetière du Père-Lachaise.